9 mois ferme – Albert Dupontel (2013)

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Synopsis : Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend…

Infos, séances et bande-annonce : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=213856.html

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Quatre ans après « Le Vilain », Albert Dupontel revient avec une nouvelle comédie noire qui aborde cette fois les thèmes de la justice et de la maternité. Dupontel est un fervent portraitiste des travers de la société contemporaine et cette fois ce sont nos amis les magistrats qui trinquent ! Il faut dire qu’on s’en délecte tant le ton irrévérencieux employé et le burlesque trash du film sont au service d’un récit rondement mené.

N’y allons pas par quatre chemins, la véritable force de ce « petit » film (au sens économique du terme) est son économie narrative qui tourne autour d’un duo d’acteurs époustouflant. Si l’on connaissait déjà le talent comique d’Albert Dupontel, on imaginait moins celui de Sandrine Kiberlain coller à l’univers du cinéaste et pourtant, elle crève l’écran dans de superbes saillies d’humour ravageur.

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Ce duo (d)étonnant est accompagné d’une série de caméos délicieux. Ainsi, on verra apparaître à l’écran dans des contre-emplois jubilatoires Jean Dujardin, Terry Gilliam, Yolande Moreau, Jan Kounen et même Gaspar Noé. Mais le génie comique de Dupontel ne tient pas qu’à son casting et à son interprétation enthousiaste. En effet, c’est la tendresse qui se dégage du film qui nous surprend et nous cueille presque sans que l’on se rende compte. Elle surgit dans des situations traitées avec finesse et décalage qui viennent nous rappeler que Dupontel est un auteur généreux et aguerri.

Cela transparaît aussi dans l’élégance de sa mise en scène. Le brio du plan-séquence d’ouverture du film pourrait laisser penser que la réalisation de Dupontel est tape à l’œil mais le choix de ses cadres laisse transparaitre de façon sous-jacente un véritable style. On observe notamment un usage fréquent des plans débullés (chers à Dupontel) et des séquences où le montage contribue grandement à la création d’un effet comique ou dramatique (du running gag du magistrat assommé, aux magnifiques ellipses en travelling circulaire dans le salon de la juge). Autant d’indices qui construisent un univers cohérent, et qui accompagnent avec grande fluidité le spectateur dans un récit qui nous réserve plus d’une surprise.

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Et même si le film souffre de petites baisses de rythme et de quelques facilités scénaristiques, il finit par nous emporter sur tout la ligne, notamment grâce à la poésie qui s’en dégage et qui tourne pour l’essentiel autour du thème de la maternité. On pense notamment à une magnifique scène elliptique qui retranscrit la croissance du fœtus de 6 à 9 mois tout en se doublant d’une référence à peine dissimulé à 2001, l’odyssée de l’espace. Le tout finissant par se concrétiser dans une séquence finale convenue mais néanmoins touchante.

En bref, 9 mois ferme est un petit bijou d’humour corrosif empreint d’une tendresse inattendue qui ne devrait pas laisser indifférent ses spectateurs que l’on espère être nombreux au rendez-vous. Ce n’est effectivement pas tous les jours que l’on a la chance de découvrir une comédie française décalée aussi audacieuse et aboutie.

L’Attentat – Ziad Doueri (2013)

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Synopsis : Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu’elle dissimule sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, israélien d’origine arabe, opère les nombreuses victimes de l’attentat. Au milieu de la nuit, on le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui annoncer que la kamikaze est sa propre femme. Refusant de croire à cette accusation, Amine part en Palestine pour tenter de comprendre.

Je vous avais déjà parlé de ce film dans un précédent article dans lequel je vous relatais son interdiction de sortie sur le territoire libanais et dans 22 pays membres de la ligue arabe. Sachez qu’à l’heure actuelle, la censure (car il s’agit bien de cela) n’est toujours pas levée. Curieux de voir ce qui pouvait tant choquer, je suis donc allé me forger ma propre opinion en allant voir le film.

Ce qui m’a immédiatement marqué dès la fin de la projection, c’est la finesse et la grande puissance évocatrice et émotionnelle de son scénario. Je n’ai personnellement pas lu le roman éponyme de Yasmina Khadra et me garderait donc de tout commentaire sur le processus d’adaptation du livre en scénario.

Le véritable force du récit développé par Joëlle Touma et Ziad Doueiri est de ne pas traiter de manière frontale la question du conflit israélo-palestinien mais au contraire de lui rendre sa dimension humaine, de l’amener sur le terrain de l’intime pour mieux en observer et jauger tous les enjeux. Ici il n’y a aucune prise de parti, aucune propagande pour l’un ou l’autre des côtés opposés. Juste une observation externe du conflit par le biais de personnes qui en font directement ou indirectement parti, ou qui y sont plongés par la force des choses.

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Et ce qui nous permet précisément d’expérimenter au plus près cet état d’âme c’est le choix d’un unique point de vue, celui d’Amine, notre protagoniste. Le spectateur est amené à suivre le même cheminement psychologique que celui traversé par le protagoniste. Et cela est renforcé par la mise en scène de Ziad Doueiri : jamais la caméra ne se sépare d’Amine, nous traversons avec lui les épreuves et affrontons les obstacles qui se mettent en travers de son chemin au long de sa quête personnelle de la vérité.

Pourtant la mise en scène est parfois inégale, (faux raccords, cadres qui bougent compulsivement) mais au final, cela contribue à renforcer l’impression d’urgence dans laquelle est constamment plongé notre personnage. Loin de desservir le film et son propos, ce dispositif en développe au contraire la tension inhérente. Et l’on imagine sans peine que cette tension a été vécue au jour le jour par l’équipe de tournage.

Mais la tension qui se dégage du film ne naît pas uniquement de la qualité du récit et de la mise en scène mais également en grande part de la performance incroyable de justesse de l’ensemble du casting du film.  Une mention spécifique se doit d’être faite pour Ali Suliman qui interprète le personnage d’Amine et qui se livre entièrement, à fleur de peau, dans une performance qui fera sans doute date.

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Mais revenons au cœur du sujet porté par le récit : Israélien d’origine arabe, Amine, n’est le bienvenu nulle part. C’est finalement là que réside le cœur du film, dans l’absence d’une voie médiane au sein du conflit et dans le sentiment de non-appartenance à une patrie. Comment trouver sa place au sein d’un monde divisé quand on refuse de prendre parti ? La réponse ne peut alors être que déceptive et mène à une impasse.

Amine a vécu des années avec sa femme sans jamais la connaître pleinement. Le mensonge est partout, il n’épargne personne. Mais au final, nous connaissons-nous nous mêmes ?

Car c’est aussi face à l’incertitude de sa propre identité que mène la quête personnelle d’Amine. Il est incapable de trouver sa place au sein d’un monde divisé. Rejeté par l’un et l’autre des deux camps car il refuse de prendre parti,  il ne peut que se renfermer dans une non-appartenance: chaque camp a ses raisons, rien n’est tout blanc ou tout noir, de ce fait la position de chacun est naturellement ambiguë. Cela correspond tout simplement à la mort du personnage, à sa destruction en tant qu’être humain, qui si elle n’est pas physique est morale et psychologique.

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C’est peut-être cette injustice que déplorait sa femme, que l’on imagine avoir été placée dans la même position ce qui pourrait être la raison pour laquelle elle s’est donnée la mort au-delà même de toute revendication politique. Un acte désespéré, un cri d’alarme en faveur d’une réconciliation, d’un équilibre que chacun des belligérants se hâte pourtant de transformer en acte politique, faisant d’elle tout à tour une martyre de la cause ou une terroriste kamikaze.

Il faut attendre la séquence finale absolument bouleversante qui nous renvoie à la beauté et au tragique de l’histoire d’amour des protagonistes pour le comprendre. Des questions demeurent alors en suspens mais une seule certitude nous ceint le cœur : finalement, la véritable victime de l’attentat n’est autre qu’Amine dont la vie, les certitudes et l’identité ont été soufflées dans l’explosion provoquée par sa femme. L’impossibilité concrète de ces deux êtres à communiquer l’un avec l’autre est la plus belle métaphore qui puisse être faite du conflit israélo-palestinien. Comme une occasion ratée de dialogue qui ne se représentera pas. Un éternel clivage qui mène à une issue tragique pour notre protagoniste.

L’attentat est un film traitant d’un sujet politique complexe avec une grande finesse, en resserrant intelligemment son récit sur l’intime, l’histoire d’amour qui lie deux êtres humains au-delà de tout. Mais c’est aussi un film sur l’identité, la trahison et l’incertitude. Un film tout en contraste qui ne laissera personne indifférent à la sortie de la salle.

Un coup de maître.

Focus sur… L’Attentat, un film de Ziad Doueiri

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui je vous propose un type d’article un peu particulier sur Ghost shots à savoir un aperçu d’un film qui n’est pas encore sorti en salles. Pour cette grande première j’ai décidé de promouvoir le film L’Attentat du réalisateur libanais Ziad Doueiri.

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Le film est adapté du roman éponyme de l’écrivain algérien Yasmina Khadra. L’adaptation a été co-écrite par Joëlle Touma et Ziad Doueiri.

Synopsis : Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu’elle dissimule sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, israélien d’origine arabe, opère les nombreuses victimes de l’attentat. Au milieu de la nuit, on le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui annoncer que la kamikaze est sa propre femme. Refusant de croire à cette accusation, Amine part en Palestine pour tenter de comprendre.

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J’ai décidé de dédier un article à ce film car, après avoir été en partie tourné en Israël, il s’est vu interdit de sortie au Liban, pays d’origine du réalisateur, à la demande du bureau de boycottage d’Israël rattaché à la Ligue arabe.

Ceci est d’autant plus injuste que le film avait obtenu précédemment son droit de diffusion sur le territoire libanais du bureau du ministre de l’intérieur…

Extrait de presse (source : 20 minutes) qui fait état de ce non-sens absolu :

Le film avait été autorisé en mars par le ministère, avant que celui-ci ne revienne sur sa décision après une demande du bureau de boycottage sollicitant son interdiction non seulement au Liban mais dans tous les pays arabes. La censure, qui relève d’une branche du ministère de l’Intérieur, s’applique si l’oeuvre incite aux dissensions confessionnelles, porte atteinte aux moeurs ou à l’autorité de l’Etat, ou favorise la propagande israélienne. «Pourtant, on m’a dit que le film est pro-palestinien», souligne le ministre de l’Intérieur…

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Depuis, Ziad Doueiri  et Joëlle Touma se battent pour que leur film puisse sortir dans leur pays. La carrière de l’Attentat tend à leur donner raison, le film ayant reçu de la part de la critique un accueil unanime doublé d’une carrière exceptionnelle en festivals où il a remporté plusieurs prix :

Festival International du Film de Marrakech – Etoile d’Or  /  Festival ColCoa du film français à Hollywood : Prix du public et Prix spécial de la critique / Festival International du Film de Toronto / Festival du Film de Telluride / Festival International du Film d’Istanbul  / Festival du Film de Genève sur les Droits Humains  / Festival de San Sebastian – Prix spécial du jury  / Festival International du Film Policier de Beaune / Festival Arte Mare – Prix du Public et Prix Cine Kantara France Bleu / MOOOV Film Festival (Belgique) – Prix du public

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Si comme moi, vous pensez que le film doit bénéficier d’une sortie mondiale et notamment au Liban et dans les pays arabes vous pouvez signer la pétition suivante :

http://www.ipetitions.com/petition/revoke-the-decision-to-ban-the-attack-by-ziad/

Le film sortira en France le 29 mai. Je vous propose d’en découvrir la bande-annonce ci-dessous :

Ghost Shot Rétro : Los Olvidados – Luis Buñuel (1950)

J’inaugure ici un nouveau type d’article sur Ghost Shots, qui mettra en valeur un ou plusieurs plans qui nous ont particulièrement marqué dans l’histoire du cinéma.

Réalisé en 1950 par le réalisateur d’origine espagnole Luis Buñuel, alors exilé au Mexique, Los Olvidados s’intéresse à la jeunesse de Mexico, en particulier ses enfants pauvres et souvent livrés à eux-mêmes. Pedro est l’un d’entre eux. Un jour, alors qu’il accompagne El Jaibo, un autre adolescent tout juste sorti de maison de correction, celui-ci commet un crime.

Los Olvidados prend toutes les apparences du film « néoréaliste » : faible budget, tournage en extérieur, intérêt pour les couches défavorisées, acteurs non-professionnels… Cette approche est d’ailleurs clairement exposée dès le générique (« ce film est basé sur des faits réels et tous ses personnages sont authentiques« ). Le film démarre sur des airs de documentaire en exposant une bande de gamins défavorisés jouant à la corrida dans un terrain vague.

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Mais cette dimension réaliste se voit troublée à deux reprises particulièrement remarquables, provoquant au passage la surprise du spectateur. La première et la plus importante est une séquence de rêve qui survient après 30 minutes de film. Après avoir été témoin d’un meurtre, Pedro rentre chez sa mère et s’endort dans son lit. La séquence démarre par une musique répétitive et angoissante, agrémentée de nombreux caquètements de poules. Pedro découvre sous son lit le cadavre du jeune homme assassiné précédemment riant aux éclats alors que des plumes semblent tomber du ciel. Notons au passage la lumière magnifique qui vient éclairer les différents niveaux de ce plan. Cette somme d’effets surréalistes typique du rêve permet non pas de nous montrer mais cette fois de nous faire ressentir le sentiment dominant de Pedro : la peur. Sa mère s’approche ensuite du lit pour l’étreindre et lui signifier son amour. On peut y voir le désir de Pedro d’une vie « normale » et du réconfort d’une présence maternelle.

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Mais soudain le souvenir de la réalité semble reprendre le dessus et Pedro demande à sa mère pourquoi elle a refusé de lui donner à manger auparavant. Sa mère se tourne vers lui, présentant soudain un tout autre visage, presque maléfique et amplifié par des éclairs illuminant la pièce. Elle lui tend un énorme morceau de viande tandis qu’une main sort de sous le lit pour s’en saisir et conclure la scène dans le chaos le plus total. Toute la séquence se déroule dans un ralenti qui lui donne un surplus d’étrangeté. Le contraste entre le ton de cette scène et les 30 minutes précédemment écoulées rend son effet encore plus saisissant et nous fait ressentir la somme des angoisses de Pedro d’une manière aussi esthétique qu’efficace.

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La seconde « exception » est beaucoup plus courte mais d’autant plus surprenante qu’elle est porteuse de sens. Envoyé en maison de correction, Pedro travaille dans une ferme. Il se saisit d’un oeuf, le gobe, et soudain le balance en plein dans la caméra, laissant le liquide s’écouler sur l’écran. Un geste totalement inattendu dans un film de ce genre. A travers la caméra, c’est nous que Pedro vise. Nous, spectateurs, qui nous attendrissons sur ces enfants et compatissons à leur sort, que faisons-nous pour leur donner une vie meilleure ? Buñuel nous prend ainsi par surprise et tente de nous réveiller par ce geste qui brise la distance entre le personnage et le spectateur, tout comme il nous expose par ce film la réalité de la misère sans artifices, dans sa violence et sa cruauté. Un plan furtif qu’il est difficile d’oublier après la vision du film.

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Hitchcock – Sacha Gervasi (2012)

Attention : ce film est un spoiler du classique Psychose d’Alfred Hitchcock. Il faut avoir vu le classique de 1960 avant même de tenter Hitchcock. Je serais même tenté de dire qu’il faut tout simplement avoir vu Psychose (indépendamment du film qui fera l’objet de cette critique).

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Que l’on soit cinéphile aguerri ou simple spectateur du dimanche, on ne peut définitivement pas passer à côté de la pointure du cinéma qu’est Sir Alfred Hitchcock. Ce réalisateur anglo-américain (1898-1980) a pendant ses soixante années de carrière offert au public pas moins de cinquante trois longs-métrages.

Ne connaissant que quelques-uns de ses films, je me suis lancé courant 2012 dans un rattrapage de ces grands classiques du cinéma. A chacun d’entre eux, Alfred Hitchcock, même avec cinquante ans de décalage, réussit à me martyriser, me surprendre, me tendre, m’amuser et m’impressionner. Je n’ai pas été déçu d’apprendre que 33 ans après sa mort, le maître du suspense inspire toujours et sortira à nouveau en salle le 6 février à travers le film homonyme Hitchcock. Le réalisateur Sacha Gervasi, à qui on doit Le Terminal, nous offre une introspection dans la vie d’Alfred Hitchcock (Anthony Hopkins) et de sa femme Alma Reville (Helen Mirren) pendant le tournage du très renommé Psychose.

En 1959, Alfred Hitchcock vient de sortir son dernier grand succès La Mort aux trousses (North by Northwest). Il recherche un projet ambitieux qui pourrait le changer de ce qu’il a déjà pu réaliser. Il décide, malgré des premiers retours négatifs, de choisir comme intrigue pour son prochain long-métrage l’histoire du tueur américain célèbre du moment Ed Gein. Le studio Paramount refusant de financer le film, Alfred et sa femme se voient alors dans l’obligation de financer le film qu’il souhaite tant faire. On suivra les problèmes rencontrés et les différentes péripéties vécues par la couple pendant le tournage du film Psychose.

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Présentant avant tout la relation entre Hitch (« Just call me ‘Hitch’. You can hold the ‘cock’« ) et sa femme Alma, Hitchcock reste malgré tout un hommage au réalisateur et son œuvre. Il semble donc indispensable de connaitre un minimum le personnage, sa filmographie, ses techniques et ses manies afin de pouvoir jouir pleinement du film. Les références jonchent et rythment le film. Certaines sont évidentes, certaines subtiles : une robe, un décor, une musique, un plan-séquence, une phrase, une référence à un de ses films (Psychose, Les Oiseaux, La Corde, Sueurs Froides,…), à un acteur/actrice (James Stuart, Grace Kelly, Vera Miles, Janet Leigh…), un réalisateur (Orson Welles), à ses présentations de film… on se plait à les reconnaître et elles représentent la réelle richesse du film.

Un important travail a également été effectué au niveau du casting. Tout le monde remarquera la métamorphose (déformation) totale et impressionnante de Sir Anthony Hopkins. L’acteur est méconnaissable, mais se rapproche-t-on pour autant de quelque chose ressemblant à Alfred Hitchcock ? Tout le monde ne semble pas d’accord. Cette caricature bouffie ne semble pas être le seul problème. N’étant pas anglophone, je n’ai malheureusement pas pu juger pleinement de la performance de l’acteur, mais au vu de plusieurs critiques, notre acteur ne fait malheureusement pas l’unanimité au niveau prononciation. Hormis Anthony Hopkins, on notera une impressionnante ressemblance (sans trop d’artifices) entre les acteurs d’origine de Psychose et les acteurs de Hitchcock. Et que dire, en toute objectivité, de la plus marquante, la plus magnifique et la plus attachante Scarlett Johansson dans le rôle de Janet Leigh.

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Mais quelle crédibilité doit-on donner au film ? Toute adaptation historique ou biographique soulève forcement la question. Le spectateur du dimanche ne va-t-il prendre pour argent comptant le récit et l’adaptation qui a été faite de ce passage de la vie de Hitch ? Doit-on réellement donner crédit à l’influence d’Alma Reville sur son mari ? Et la performance d’Anthony Hopkins n’influerait-elle pas sur notre perception d’Alfred Hitchcock ? Le public n’étant pas forcément composé que de fanatiques du maître du suspense, j’outrepasserais tous ces questionnements et ne retiendrais au final que le fait que j’ai passé un bon moment. On s’attache aux personnages et à leur histoire (fausse ou pas d’ailleurs). On s’amuse à trouver les références cinématographiques et on suit le tournage de l’un des meilleurs films d’Hitchcock. Si le film pouvait ne serait-ce que donner l’envie à quelques personnes d’approfondir leurs connaissances cinématographiques et les pousser à voir les réalisations d’Alfred Hitchcock, ça pourrait être la meilleure finalité du film.

Le « ghost shot » :

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La scène de douche de Psychose : 7 jours de tournage, 70 plans et une musique stridente et tranchante pour réaliser les trente cinq secondes les plus marquantes du cinéma d’Hitchcock. Cette scène apparaît deux fois dans le film : une fois sur son tournage même et une fois lors de la première du film. J’ai vraiment aimé l’utilisation et le détournement que Sacha Gervasi en a fait pendant le tournage (je vous laisse la surprise), mais mon ghost shot concerne la deuxième. Caché en coulisse, Hitch dirige tel un chef d’orchestre son audience qui hurle et gémit au rythme de ses mouvements de poignard. Parfaite représentation de l’homme qui se plaisait à « always make the audience suffer as much as possible« .

Bilan de l’année 2012

La reprise continue sur Ghost Shots, et quoi de mieux pour commencer l’année 2013 que de revenir sur les 12 mois écoulés et nos diverses émotions cinématographiques. Au menu : les Top 10 de chaque rédacteur bien sûr, mais aussi un paquet de nominations bonus pour mettre exprimer nos coups de coeur, de gueule ou de pouce pour les différents films vus cette année. Pour commencer, le très officiel Top 10 de la rédaction parmi les films sortis en salles en 2012.

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Top 10 de l’année 2012 :

1. Laurence Anyways – Xavier Dolan
2. Holy Motors – Leos Carax
3. Les Bêtes du Sud Sauvage – Benh Zeitlin
4. Les Hauts de Hurlevent – Andrea Arnold
5. Amour – Michael Haneke
6. Martha Marcy May Marlene –  Sean Durkin
7. Searching for Sugar Man – Malik Bendjelloul
8. Moonrise Kingdom – Wes Anderson
9. Skyfall – Sam Mendes
10. Titanic 3D – James Cameron

Si l’on compare cette cuvée avec la précédente où quelques films faisaient l’unanimité parmi nous (en particulier le triptyque cannois Melancholia – Drive – The Tree of Life), on remarque que nos avis sont beaucoup plus divergents et nos tops 10 respectifs mettent en avant des films bien différents. Seulement deux films sont cités par chacun d’entre nous : Holy Motors et Moonrise Kingdom, mais c’est bien Laurence Anyways qui sort en tête de ce classement général. Encore beaucoup de films cannois, mais cette année les perles étaient aussi à chercher du côté de la sélection Un Certain Regard (Laurence AnywaysLes Bêtes du Sud Sauvage). On remarque aussi une présence moindre du cinéma américain par rapport à l’an dernier, pas moins de 3 films francophones, et enfin un documentaire qui nous aura récompensé d’avoir attendu les derniers instants de l’année 2012 pour faire ce bilan.

Voici les Top 10 de chacun :

Alban Ravassard
1. Holy Motors
2. Les Hauts de Hurlevent
3. Amour
4. Martha Marcy May Marlene (sa critique)
5. L’Odyssée de Pi
6. Moonrise Kingdom
7. Cosmopolis
8. Looper
9. Skyfall
10. Elle s’appelle Ruby
Pierre Ricadat
1. Laurence Anyways
2. Les Bêtes du Sud Sauvage
3. Searching for Sugar Man (sa critique)
4. Holy Motors
5. The We and the I
6. 2 Days in New York
7. I Wish (sa mini-critique)
8. Le Hobbit : un voyage inattendu
9. The Raid (sa mini-critique)
10. Moonrise Kingdom
Carole Bogdanovscky
1. Amour
2. Les Bêtes du Sud Sauvage
3. Laurence Anyways
4. Holy Motors
5. Bullhead (sa critique)
6. Barbara
7. Les Hauts de Hurlevent
8. Moonrise Kingdom
9. Martha Marcy May Marlene
10. De rouille et d’os
Caroline de Regnauld
1. Titanic 3D (sa critique)
2. The Dark Knight Rises
3. Skyfall
4. Royal Affair
5. La Taupe
6. Extrêmement fort et incroyablement près (sa critique)
7. Dark Shadows
8. De rouille et d’os
9. Holy Motors
10. Moonrise Kingdom
Benoit Weber
1. Laurence Anyways
2. Rebelle (War Witch)
3. Les Hauts de Hurlevent
4. Searching for Sugar Man
5. Martha Marcy May Marlene
6. Les Bêtes du Sud Sauvage
7. I Wish
8. Moonrise Kingdom
9. Amour
10. Holy Motors

Le « coup de cœur » de l’année :

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Alban : Perfect Sense de David MacKenzie. Un véritable petit bijou passé quasiment inaperçu en France et porté par un duo d’acteurs magnifiques (Ewan McGregor et Eva Green). David McKenzie, sans révolutionner le genre post-apocalyptique, nous le fait vivre de manière simple par le vecteur d’une histoire d’amour devenant progressivement impossible. Bluffant.
Pierre : Saya Zamurai de Hitoshi Matsumoto, le rayon de soleil de l’année (voir ici).
Carole : Les Femmes du Bus 678 de Mohamed Diab. Un sujet contemporain sensible (le harcèlement sexuel ordinaire en Egypte) traité avec empathie et lucidité. Le premier long métrage d’un réalisateur à suivre.
Benoit : Rebelle de Kim Nguyen. Quelque part en Afrique, on suit Komona, 12 ans, qui se fait embrigader dans l’armée rebelle : une histoire on ne peut plus dramatique et violente traité d’une manière singulière et touchante. Je rejoins également Alban sur Perfect Sense : subtile utilisation du genre au service d’une histoire d’amour.

Le raté de l’année :

Alban : Savages de Oliver Stone, film boursouflé, sur-stylisé. Oliver Stone est devenu une caricature de lui-même. La bande-annonce laissait présager du meilleur et finalement nous avons droit au pire : un récit grand-guignolesque sans queue ni tête où les acteurs cabotinent. Sans compter un faux twist pitoyable en fin de film. A zapper.
Pierre / Carole : Prometheus de Ridley Scott. La campagne marketing du film laissait espérer un film du niveau d’Alien, sévère a été la déception avec notamment ce scénario complètement indigeste à force de vouloir trop en mettre. Alien était simple et en montrait très peu, Alien était un chef d’oeuvre.
Benoit : Argo de Ben Affleck, ou comment ne pas rendre crédible une histoire vraie. Autant au niveau de la réalisation que du jeu d’acteurs, de la musique… tout semble avoir été mis en place pour décrédibiliser le tout. On n’y croit à aucun moment. Ça ressemble à une énorme farce qui en fait n’en est pas une. Aucun suspens et une fin sur-crémeuse et gnangnan. Même Avengers reste plus crédible. Passez ce film et attendez Zero Dark Thirty pour voir un vrai film sur la CIA.

Mention spéciale « WTF ? » :

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Alban : Wrong de Quentin Dupieux, découvert en salles cette année. Après Rubber qui m’avait déjà séduit par son concept et son humour noir absurde, Quentin Dupieux en remet une couche avec une histoire farfelue aux consonances Kafkaïennes dans laquelle excelle Eric Judor en cow-boy déjanté. Un must-see bourré d’idées visuelles et narratives novatrices.
Pierre : Solution de Kim Gok et Kim Sun, vu au Seoul Independant Film Festival 2012. Un film où une émission de télévision tentera de résoudre le dramatique problème d’une famille : le jeune fils n’accepte de se nourrir que des excréments des autres membres de sa famille ! Lesquels excréments sont représentés par une sorte de pâte à modeler verte et la « solution » nécessitera l’intervention d’une chamane…
Caroline, Carole et Benoit : Holy Motors de Leos Carax. Grosse surprise. Étonnant et perturbant.

Le film survendu de l’année :

Alban : Les Bêtes du Sud Sauvage de Benh Zeitlin. Énorme succès critique et public, ce premier long-métrage d’un cinéaste américain âgé de 30 ans m’a laissé mitigé. Beau sujet, très belle mise en scène mais je trouve qu’il tire trop vers le tire-larmes car trop certain de ses effets et de l’impact émotionnel de son film. Un film de petit malin talentueux en somme pour lequel j’aurais aimé voir plus de sincérité et moins d’artifices. Car à mon sens la poésie du film n’est pas assez bien exploitée.
Pierre : Mourning de Morteza Farshbaf, honoré du Lotus Asia du meilleur film à Deauville pour des raisons que mon esprit rationnel est incapable d’imaginer… Et au sein de cette rédaction, Les Hauts de Hurlevent, que j’ai trouvé à côté de la plaque.
Benoit: Argo, The Dark Knight Rises, Prometheus et The Hobbit. Mention spéciale « Scandale » à Argo qui reste en lice pour les Oscars…
Caroline : Avengers de Joss Whedon
Carole: The Dark Knight Rises de Christopher Nolan

Meilleur premier film de l’année :

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Alban : Ombline de Stéphane Cazes : l’électrochoc de cette année. Stéphane Cazes traite d’un sujet potentiellement mélo et lourd sur le papier (le quotidien des jeunes mères en prison). Évitant tous les écueils que peuvent déployer habituellement ce genre de récits, le réalisateur parvient à nous toucher en plein cœur sans être démonstratif. Un film juste et touchant, porté par la magnifique interprétation de Mélanie Thierry.
Pierre et Benoit : Les Bêtes du Sud Sauvage de Benh Zeitlin. Un film magique qui nous transporte dès sa scène d’ouverture pour ne nous relâcher qu’1h30 plus tard, une fable sur le passage à l’âge adulte pleine de poésie où l’imaginaire occupe une place centrale. Benh Zeitlin semble comme nous subjugué par sa jeune actrice et parvient à nous restituer son environnement, ses émotions de manière subtile et profonde. Once there was a Hushpuppy, and she lived with her daddy in The Bathtub.

La petite perle des années précédentes que j’ai découverte en 2012 :

Alban : Bronson de Nicholas Winding Refn. Un véritable uppercut cinématographique que j’avais loupé en salles. Mieux vaut tard que jamais pour découvrir ce portrait  du criminel le plus célèbre d’Angleterre. Au programme, une mise en scène au cordeau et un montage incisif procurant au film un rythme effréné mais jamais fatigant. Un véritable OFNI sur lequel se ruer d’urgence ne serait-ce que pour l’interprétation bluffante d’un Tom Hardy méconnaissable.
Pierre : The School of Rock de Richard Linklater. Trois minutes de Jack Black grimaçant et gigotant dans tous les sens avec sa guitare auront suffi à ériger ce film dans mon panthéon des meilleurs comédies et feel-good movies de tous les temps. Un modèle de rythme.
Benoit : Valse avec Bachir d’Ari Folman. Magnifique. L’animation au service du documentaire. Tout simplement bluffant visuellement, musicalement et moralement.

Le film que je regrette d’avoir loupé cette année :
Alban : Faust d’Alexandre Sokourov. Lion d’or au Festival de Venise et précédé d’une excellente réputation critique, ce film m’intrigue notamment pour le travail opéré sur les couleurs par le réalisateur, basé sur des aquarelles qu’il a lui-même réalisé. Rattrapage en DVD imminent.
Pierre : Cosmopolis de David Cronenberg. Un film sur lequel j’avais d’énormes attentes avant d’être bêtement refroidi par les échos négatifs. De manière générale j’ai beaucoup de mal avec le Cronenberg post-eXistenZ. Le Cronenberg le plus intéressant pourrait-il être son fils Brandon, réalisateur d’Antiviral, qui sort sur les écrans début 2013 ?
Caroline et Benoit : La Chasse de Thomas Vinterberg.
Carole : The We and the I de Michel Gondry.

Le chef-d’oeuvre vu en 2012 et qui sortira en 2013 :

Alban : No de Pablo Llarain (sortie 6 mars 2013).
Benoit : Cloud Atlas, Zero Dark Thirty : bons films mais à ne pas classer en tant que chefs d’oeuvre. Cloud Atlas pour sa réalisation et son maquillage, Zero Dark Thirty pour Jessica Chastain qui tient le film de A à Z !

Les films de 2013 que nous attendons avec impatience :

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Spring Breakers de Harmony Korine, Le Transperceneige de Bong Joon-ho, Gravity d’Alfonso Cuarón, À la merveille de Terrence Malick, Only God Forgives de Nicolas Winding Refn, Before Midnight de Richard Linklater, A Pele do Cordeiro de Paulo Morelli, Mud de Jeff Nichols, Nymphomaniac de Lars Von Trier, L’écume des jours de Michel Gondry, Antiviral de Brandon Cronenberg.

Et vous, quels sont vos coups de coeur de l’année, et qu’attendez-vous pour 2013 ?

Searching for Sugar Man – Malik Bendjelloul (2012)

Ca y est, après plusieurs mois de pause, Ghost Shots reprend enfin du service ! En espérant vous faire partager nos coups de coeur comme nos plans fétiches, qu’ils soient obscurs ou évidents, dans l’actualité du moment ou totalement improbables, et cela le plus longtemps possible. D’ailleurs, si l’aventure vous intéresse, que ce soit pour un article ou plusieurs, n’hésitez pas à nous contacter.

Searching for Sugar Man… Un titre mystérieux pour ce documentaire réalisé par un jeune suédois, qui n’aurait sans doute jamais attiré mon attention sans un bouche à oreille éloquent et ô combien mérité.

searching-for-sugar-man-1Il n’est pas aisé de vous parler de ce film pour la simple raison qu’il est préférable de ne rien connaitre à son sujet pour en apprécier toutes les qualités et vivre une séance à la fois haletante et bourrée d’émotions. Je vous incite donc dans un premier temps à m’accorder une confiance aveugle et absolue et à vous ruer sans plus attendre dans l’une des (trop rares) salles qui diffusent le film. Et si vous souhaitez quand même lire ces lignes rassurez-vous, je ne dévoilerai rien qui vous gâche ce plaisir.

Partons du point de départ du film : un musicien américain connu sous le nom de Rodriguez connait un succès phénoménal en Afrique du Sud à partir des années 70, devenant le héros d’une jeunesse afrikaans anti-apartheid. Pourtant, à part deux albums sortis en 1971 et 1972 puis réédités à de multiples reprises en Afrique du Sud, personne ne connait quoi que ce soit sur lui. Les rumeurs les plus folles circulent à son sujet : il serait mort sur scène en plein concert, après s’être tiré une balle dans la tête voire carrément s’être immolé par le feu. A la fin des années 90, deux sud-africains décident de se lancer dans une enquête pour connaitre la vérité sur ce chanteur légendaire qui a marqué leur vie.

Searching for Sugar Man nous embarque ainsi dans une aventure assez rocambolesque et pleine de surprises. Si le film profite évidement du caractère exceptionnel de son sujet, il a le mérite de le traiter de façon admirable. Malik Bendjelloul a choisi une narration chronologique pour permettre au spectateur de ressentir les émotions des protagonistes lors de leur « quête », notamment leurs instants d’euphorie suivant chaque découverte. Il y parvient très habilement, et le film se vit parfois comme un thriller plein de rebondissements, ce qui est plutôt rare dans le genre documentaire qui nous a plutôt habitué à un rythme très posé.

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Parallèlement à cette enquête enrichie de différents témoignages d’anciens proches ou collaborateurs qui nous permettent de découvrir l’homme qu’est Rodriguez, nous découvrons aussi et surtout l’artiste, à travers ses mélodies, ses paroles, sa voix. Large place est donc laissée à la musique, celle-ci étant mise en valeur de façon particulièrement juste et non-intrusive grâce aux images conçues par le réalisateur (avec parfois un peu d’animation au rendu très chouette). De longs travellings latéraux le long des rues de Detroit, de ses immeubles délabrés, de ses chantiers et de ses bars glauques. Juste de quoi nous mettre dans l’ambiance des lieux où chaque mot trouve une résonance particulière, et nous plonger tout entiers dans la musique de Rodriguez.

Au bout de ce voyage quasi fantastique (pour ne pas dire fantasmagorique), une profonde réflexion s’engage sur l’art, le succès, le bonheur. L’art peut-il changer la vie ? Qu’est-ce qui fait le succès ? Quelle est la part de chance et de mérite ? (vous avez 4 heures) Beaucoup de questions restent en suspens et l’on ne peut cesser de refaire l’histoire avec des « si ». Une chose est certaine, en sortant du film vous n’aurez qu’une envie : écouter Rodriguez.

Le « ghost shot » :

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Les documentaires portant sur une histoire passée et principalement basés sur des interviews peuvent s’avérer assez plan-plan. Comment faire ressentir au spectateur l’émotion d’un instant qui n’a pas pu être capté par la caméra, autrement que par la parole ? C’est ce qu’a très bien réussi à faire Malik Bendjelloul, notamment dans ce très beau plan où s’associent à merveille la musique, l’image et la portée dramatique de l’évènement.