Titanic 3D – James Cameron (1997-2012)

Southampton, avril 1912. La White Star Line inaugure son dernier bijou : le Titanic, le « paquebot de rêve. » Insubmersible… jusqu’à un point. Les classes s’entrechoquent, Jack, l’artiste vagabond et Rose, héritière de la famille DeWitt Bukater, tombent amoureux et, contre toute attente, le paquebot rêvé coule. C’est une des histoires de cinéma les plus connues au monde depuis la sortie en France en janvier 1998  de Titanic, le film qui a propulsé ses acteurs et son réalisateur au plus haut de l’iceberg hollywoodien.

Avant Titanic 3D, il y a eu l’énorme succès en 3D d’Avatar, du même réalisateur, James Cameron, qui avait d’ailleurs battu le record au box-office de Titanic. Cette fois-ci, il s’agissait de convertir des images 2D préexistantes en 3D. Une production qui a couté 18 millions de dollars pour soixante semaines de travail et réuni plus de 300 spécialistes numériques.

Cameron est un perfectionniste et un as de la technique. S’il n’y a qu’une chose que l’on doit retenir de son œuvre, outre son « Je suis le roi du monde ! », c’est son enthousiasme pour les nouvelles technologies, tout autant que sa dextérité en la matière. Il avait créé, avec son frère Michael, une caméra spéciale pour filmer l’épave du Titanic et, quelques années plus tard, révolutionné la 3D au cinéma avec Avatar. Ici, il réussit à magnifier son plus grand film en invitant les spectateurs à bord du navire. Le résultat est tellement époustouflant par moments qu’on en vient presque à avoir le mal de mer… Le réalisme nous prend au corps et on se demande même si l’expérience ne se rapproche pas un peu trop du voyeurisme.

L’atout principal en faveur de cette conversion est sans aucun doute l’eau. C’est elle qui donne la profondeur suffisante, qui donne toute sa dimension à ce projet. L’exploration de l’épave, au début du film, est alors impressionnante. Le deuxième élément est évidemment le Titanic lui-même, avec ses multiples couloirs, ponts et étages. Et quand les deux s’entrechoquent, au cœur de la nuit du 14 avril, l’effet est renversant. Dès que la réalisation est au plus près de l’océan, que la caméra est au bord de l’eau, le spectateur s’attend presque à ressentir le froid qui devrait s’en dégager. Tous ses sens sont en alerte.

La 3D sublime les sensations, le naufrage, la performance des acteurs, les costumes, les décors… mais elle révèle également les effets spéciaux un peu vieillissants aperçus, particulièrement, dans les plans larges du bateau à quai ou en route pour New York. Et comme pour tout film en relief, l’œil a du mal à s’adapter aux séquences très mouvementées, notamment les courses-poursuites.

Mais l’expérience ne laisse pas indifférent. Les médias, et la société en général, rabâchent depuis près de quinze ans les travers du film, notamment la fin et les dialogues ringards, et la chanson sirupeuse chantée par Céline Dion, mais le film fonctionne encore. Les gens rient, sortent leurs mouchoirs, applaudissent à la fin, réagissent comme à l’époque. C’est à ça qu’on mesure l’impact d’une œuvre, c’est ça qui différencie un film populaire d’un très grand film populaire. La passion qui a nourri Cameron et qui, c’est certain, est à l’origine de ce succès, reste intacte. Le film n’est pas abimé.

Leurs personnages restent, paradoxalement, intemporels mais Kate Winslet et Leonardo Di Caprio ont évolué et c’est un plaisir de les revoir à leurs débuts (ou presque). Particulièrement ce dernier, qui, c’est tout à son honneur, n’a jamais voulu se remettre dans les godillots d’un héros éternellement innocent et romantique.

Finalement, le mot d’ordre de cette nouvelle apparition de Titanic au cinéma est bien « retenue ». Un joli tour de force pour un film qui avait coûté plus de 200 millions de dollars, un record à l’époque et à qui on prédisait un véritable naufrage…

Le « ghost shot » :

Jack et Rose, poursuivis par Caledon Hockley, arme au poing, sont forcés de se jeter dans les entrailles du bateau en perdition. Ils viennent de descendre le très bel escalier de première classe. Dans ce plan large, le spectateur a tout le loisir de saisir le chaos régnant à l’intérieur du navire. L’eau est partout, souveraine et destructrice. Elle est en train d’engloutir tout un monde, qui, il n’y a que quelques heures, régnait magistralement, et avec arrogance, sur les éléments. La version 3D amplifie extraordinairement ce bouleversement et permet au spectateur de ne plus seulement le voir, mais de le ressentir et de le craindre.

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2 Responses to Titanic 3D – James Cameron (1997-2012)

  1. mercedes says:

    j’ai déja vu le film il est tros triste

  2. Ping: Bilan de l’année 2012 « Ghost Shots

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