9 mois ferme – Albert Dupontel (2013)

9 mois ferme affiche

Synopsis : Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend…

Infos, séances et bande-annonce : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=213856.html

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Quatre ans après « Le Vilain », Albert Dupontel revient avec une nouvelle comédie noire qui aborde cette fois les thèmes de la justice et de la maternité. Dupontel est un fervent portraitiste des travers de la société contemporaine et cette fois ce sont nos amis les magistrats qui trinquent ! Il faut dire qu’on s’en délecte tant le ton irrévérencieux employé et le burlesque trash du film sont au service d’un récit rondement mené.

N’y allons pas par quatre chemins, la véritable force de ce « petit » film (au sens économique du terme) est son économie narrative qui tourne autour d’un duo d’acteurs époustouflant. Si l’on connaissait déjà le talent comique d’Albert Dupontel, on imaginait moins celui de Sandrine Kiberlain coller à l’univers du cinéaste et pourtant, elle crève l’écran dans de superbes saillies d’humour ravageur.

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Ce duo (d)étonnant est accompagné d’une série de caméos délicieux. Ainsi, on verra apparaître à l’écran dans des contre-emplois jubilatoires Jean Dujardin, Terry Gilliam, Yolande Moreau, Jan Kounen et même Gaspar Noé. Mais le génie comique de Dupontel ne tient pas qu’à son casting et à son interprétation enthousiaste. En effet, c’est la tendresse qui se dégage du film qui nous surprend et nous cueille presque sans que l’on se rende compte. Elle surgit dans des situations traitées avec finesse et décalage qui viennent nous rappeler que Dupontel est un auteur généreux et aguerri.

Cela transparaît aussi dans l’élégance de sa mise en scène. Le brio du plan-séquence d’ouverture du film pourrait laisser penser que la réalisation de Dupontel est tape à l’œil mais le choix de ses cadres laisse transparaitre de façon sous-jacente un véritable style. On observe notamment un usage fréquent des plans débullés (chers à Dupontel) et des séquences où le montage contribue grandement à la création d’un effet comique ou dramatique (du running gag du magistrat assommé, aux magnifiques ellipses en travelling circulaire dans le salon de la juge). Autant d’indices qui construisent un univers cohérent, et qui accompagnent avec grande fluidité le spectateur dans un récit qui nous réserve plus d’une surprise.

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Et même si le film souffre de petites baisses de rythme et de quelques facilités scénaristiques, il finit par nous emporter sur tout la ligne, notamment grâce à la poésie qui s’en dégage et qui tourne pour l’essentiel autour du thème de la maternité. On pense notamment à une magnifique scène elliptique qui retranscrit la croissance du fœtus de 6 à 9 mois tout en se doublant d’une référence à peine dissimulé à 2001, l’odyssée de l’espace. Le tout finissant par se concrétiser dans une séquence finale convenue mais néanmoins touchante.

En bref, 9 mois ferme est un petit bijou d’humour corrosif empreint d’une tendresse inattendue qui ne devrait pas laisser indifférent ses spectateurs que l’on espère être nombreux au rendez-vous. Ce n’est effectivement pas tous les jours que l’on a la chance de découvrir une comédie française décalée aussi audacieuse et aboutie.

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