Courts-métrages du FFCF 2011 – Top 5

Ghost Shots a connu une petite période de calme due à l’implication de ses membres dans la 6ème édition du Festival Franco-Coréen du Film qui s’est achevée mardi dernier. En prolongement, je reviens sur la sélection court-métrage et vous livre mon Top 5 de spectateur. Sachez qu’il est toujours possible de visionner ces courts en ligne sur Mubi, et cela jusqu’au 30 octobre. Allez donc découvrir ceux-là en urgence pendant qu’il en est encore temps !

Mentions honorables :

– Pest de Kim Young-soo, pour sa manière de filmer ces gigantesques appartements de manière inquiétante et futuriste, et parce que son héroïne a trop la classe (cf image ci-dessous).

The Death of a Good Neighbor de Zhang Dong-kook, parce qu’il contient l’une des scènes de sexe les plus hystériques et hilarantes que j’ai vues depuis longtemps !

5ème : Bad Education de Koh Su-kyung

Ce film démarre comme une caricature des Bisounours avec l’arrivée d’un gentil professeur remplaçant dans une petite école de province fleurie. Mais très vite, le film surprend là où on ne l’attend pas : du côté de ces mignonnes petites créatures que sont les enfants. Ces derniers, complètement matures et lucides sur la société, créent un contraste saisissant et plein d’humour noir avec la niaiserie apparente du professeur, renforcée par une réalisation appuyant son surjeu comme tiré d’un manga. Les deux univers s’affrontent pour notre plus grand plaisir jusqu’à une chute tout aussi savoureuse.

4ème : Dart de Cho Sung-bin & Haam Kisoo

Ce qui frappe dans ce court-métrage d’animation, c’est d’abord sa qualité technique. En effet, celle-ci est absolument époustouflante. J’ai lu et entendu des comparaisons avec Pixar : ça n’est effectivement pas usurpé tellement les graphismes n’ont rien à envier aux productions américaines (d’ailleurs, un lampadaire s’allumant dans la rue m’a semblé être un clin d’oeil assez explicite). Mais parler du seul aspect technique serait bien trop réducteur : le film se vit à un rythme effréné entre cascades virevoltantes et humour omniprésent. Les deux personnages deviennent très vite attachants et le film se paye même le luxe d’un happy ending grandiloquent avec une touche d’émotion. Une sacrée carte de visite pour le jeune Eliot Animation Studio !

3ème : Cosmic Man de Lee Han-bit

Cosmic Man abandonne de son côté la narration classique pour se concentrer sur le pur impact émotionnel, les sensations brutes. Magistralement servi par une superbe bande-son post-rock (pour les amateurs, elle est signée ninaian, ex Sokot Band aka 우리는 속옷도 생겼고 여자도 늘었다네) et des effets visuels très réussis, le film met en scène deux évènements (d’abord l’atterrissage d’un vaisseau spatial, puis la rencontre de deux individus) comme deux lentes montées d’adrénaline allant crescendo. La seconde partie possède encore plus d’impact que la première et le film se vit dans une sorte de transe. Pour tout dire, l’ambiance sur la fin m’a rappelé Le Guerrier Silencieux de Nicholas Winding Refn. Et même si l’on peut qualifier ce court d’exercice de style, il n’en reste pas moins une vraie réussite.

2ème : Space Radio de Kim Da-hye

S’il y a un film qui m’a particulièrement touché, c’est bien celui-là. Ce court-métrage d’animation réalisé par une étudiante de la Korea National University of Arts (KNUA) met en scène un petit chien dans un vaisseau spatial. Celui-ci s’ennuie un peu et essaye désespérément de capter quelque chose avec sa radio. Les dessins sont faits « à l’ancienne », en 2D sans trop de détails superflus mais sans pour autant être simplistes. Que ce soit le chien, complètement adorable, si expressif alors qu’il est pourtant dépourvu d’yeux (chez lui l’expression passe plutôt par les oreilles !), ou les petites créatures qui peuplent l’espace et le vaisseau, on est émerveillés par tant de poésie. D’abord, tout ceci se révèle charmant et amusant. Mais lorsqu’enfin quelques notes s’échappent de la radio, lorsque le son se joint enfin à l’image, c’est bel et bien l’émotion qui nous saisit et ne nous lâche plus jusqu’à la fin.

Il est d’ailleurs assez amusant de constater que Space Radio et Cosmic Man possèdent beaucoup de points communs même si le traitement est complètement opposé. 2011, une année cosmique pour le court-métrage ? Space Radio a remporté de loin le Prix Mubi 2011, remis au film le plus populaire sur la plate-forme.

1er : Make Up de Hyun Jeong-jae

C’est le dernier film de la sélection que j’ai découvert, après qu’il ait reçu le Prix du Jury 2011. J’avais quelques craintes, d’abord dues à sa durée, mais aussi parce que les films primés en festival ont souvent tendance à me décevoir. Et pourtant, dès les premiers plans du film, on sent qu’on est en face d’un objet qui sort du lot. La mise en scène est sublime : chaque plan, chaque cadre semble avoir été idéalement composé. C’est d’abord frappant et agréable d’un point de vue esthétique, mais on se rend compte petit à petit que cette mise en scène nous emmène quelque part, à travers un monde de plus en plus inquiétant, aux frontières de la folie. Le coup de génie du réalisateur, c’est son sens du détail, son utilisation répétitive des objets (le ventilateur), des reflets et surtout de cette musique de téléphone qui vient rythmer la perte de repères progressive de son héroïne. On pense à Lynch, on pense aussi beaucoup à Aronofsky : en somme, Make Up est une sorte de petit Black Swan, moins démonstratif mais tout aussi troublant. Au final, le film captive, passionne et envoûte encore longtemps après sa vision. Chapeau bas.

A noter que ces trois derniers films sont tous issus de la KNUA, ce qui dénote du niveau extrêmement élevé des productions de l’école cette année. Quand on pense également que deux des films les plus intéressants de la sélection long-métrage (Bleak Night, End of Animal) ont été produits par une autre école, la KAFA, on se dit que le cinéma coréen nous réserve encore de belles promesses pour l’avenir !

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3 Responses to Courts-métrages du FFCF 2011 – Top 5

  1. sdsaerom says:

    J’ai été très enthousiasmée par « Space Radio » au début, mais la fin m’a laissée un peu… sur ma faim !
    Pareil pour « Make Up »…

    • C’est vrai que pour Space Radio, le climax est atteint au milieu du film (j’ai une petite larme qui m’est venue quand la musique s’échappe de la radio), ensuite suivant le degré d’enchantement provoqué on reste dans cet état plus ou moins longtemps !

      Pour Make Up par contre, j’ai vraiment été happé et tenu en haleine jusqu’à la fin. Je suis vraiment content qu’on puisse découvrir (et j’espère rencontrer) le réalisateur l’année prochaine.

  2. Ping: Brèves de la semaine #5 « AsiaFilm.FR

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